Interview de Monsieur Alain Martinez, Directeur Territorial de la Police Nationale

Interview de Monsieur Alain Martinez, Directeur Territorial de la Police Nationale

 
 
Interview de Monsieur Alain Martinez, Directeur Territorial de la Police Nationale

La Police Nationale a connu une importante restructuration au 1er janvier 2020 avec la création d'une seule et unique Direction Territoriale de la Police Nationale (DTPN) qui regroupe différents services.
Le directeur de la DTPN Alain Martinez nous explique l'expérimentation de cette réforme "test" en Nouvelle-Calédonie.

A quelques jours de son départ, il revient également sur les grandes avancées auxquelles il a participé depuis son arrivée.

Q1- Un an après la mise en place de la DTPN en Nouvelle-Calédonie, qu'est-ce qui a changé concrètement ?

Après 4 mois de préfiguration, la Direction Territoriale de la Police Nationale a été mise en place en Nouvelle-Calédonie à compter du 1er janvier 2020.

Il s’agit d’une grande première et seuls trois territoires ont été choisis : la Guyane et Mayotte, en plus de la Nouvelle-Calédonie.

Cette réforme majeure permet de placer sous l’autorité d’un seul directeur l’ensemble des forces de police de la Nouvelle-Calédonie, excepté la direction de la sécurité intérieure qui n’est d’ailleurs pas dans la sphère DGPN. Comme dans la gendarmerie, la police nationale est ainsi en mesure d’apporter une réponse unifiée et coordonnée à l’ensemble des problématiques relevant de ses compétences. Ainsi, lorsque des situations particulières sont rencontrées, cette unicité de commandement permet un engagement maximal des forces de police sur le terrain. En 2020 cette nouvelle synergie a été mise en œuvre avec succès lors de la crise sanitaire, lors du référendum et à l’occasion de la visite officielle du ministre des Outre-Mer. Des effectifs du Service Territorial de la Police aux Frontières ou du Service Territorial du Recrutement et de la Formation sont ainsi venus en appui du Service Territorial de la Sécurité Publique. Parallèlement ce dernier vient régulièrement en appui de la police aux frontières lors des départs sensibles à l’aéroport de La Tontouta.

Enfin, sur délégation du Haut commissaire, le nouveau directeur territorial pilote le budget de l’ensemble des services placés sous son autorité.

Q2- Le quartier Pierre-Lenquette / Montravel / Tindu a été, en septembre 2018, l'un des 15 premiers quartiers de France choisi pour la reconquête républicaine. Comment avez-vous appréhendé à Nouméa ce nouveau dispositif dit de "la police de la sécurité du quotidien" ?

Lorsque le ministre de l’Intérieur a mis en place la police de sécurité du quotidien, la police calédonienne a défini après mûre réflexion un quartier de reconquête républicaine, en l’espèce celui de PLM/TINDU. La direction de la sécurité publique de l’époque a bénéficié de l’arrivée de 15 policiers pour renforcer cette nouvelle organisation.

Grâce à cet effectif, un groupe de sécurité de proximité, devenu aujourd’hui brigade spécialisée de terrain (BST), a pu être créé. Fidélisé sur son quartier, ce groupe a eu pour mission d’être au contact de la population tout en assurant la mission première de la police : interpeller les auteurs d’infractions pénales, avec des résultats remarquables.

Ce dispositif a été complété par les délégués à la cohésion police population (DCPP), deux policiers retraités réservistes, chargés d’intervenir en amont du pénal par la médiation : différends familiaux légers et sans violence, conflits de voisinage, nuisances sonores, stagnations de groupes de jeunes dans les halls d’immeuble notamment.

Avec le bilan positif de cette nouvelle organisation de terrain, il a été décidé de créer deux autres BST, à Rivière Salée et sur la partie sud de la ville, dont les résultats sont également très positifs.

De même, quatre groupes de partenariat opérationnels (GPO) ont été mis en place, un par secteur. Ceux-ci, composés de policiers nationaux et municipaux, de partenaires comme les bailleurs sociaux, l’éducation nationale ou encore les associations, sont chargés d’identifier les problèmes du secteur et de tenter de les résoudre en direct et sans attendre. Pour ce faire les chefs de bureau de police ont été responsabilisés et se sont vu doter d’un pouvoir de décision au plus près du terrain qu’ils n’avaient pas auparavant.

A ce jour ces nouveaux dispositifs donnent des résultats très encourageants.

Q3- Que retiendrez-vous de votre expérience de directeur de la police nationale en Nouvelle-Calédonie?

Le bilan me paraît très positif, avec des améliorations significatives pour la police calédonienne.

Hormis la mise en place de la DTPN on peut citer la création d’une unité canine légère, l’installation d’une page Facebook et d’un site intranet, en plus de la PSQ déjà citée.

Les résultats sont excellents depuis près de 4 ans dans la lutte contre la délinquance et on le doit à la fois aux policiers de voie publique, excellents « chasseurs », et aux enquêteurs qui valorisent leur travail.

Sur les évènements je me souviendrai de la visite à Nouméa du président de la république Emmanuel MACRON, avant le premier référendum, et surtout sa venue au sein du bureau de police de PLM/TINDU pour se faire présenter la police de sécurité du quotidien. La photo souvenir est inoubliable pour le chef de police que je suis !