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KAALA GOMEN

Avant la colonisation, les kanaks de Gomen, les Ohot et les Hwaap, occupaient le littoral et les contre forts de la Chaîne. Aux prémices de la colonisation, la région de Gomen est quasiment inconnue des Européens.

Alain Levant

Alain Levant

COMMUNE DE KAALA  GOMEN

Entre mer et montagne

 

Hier

Avant la colonisation, les kanaks de Gomen, les Ohot et les Hwaap, occupaient le littoral et les contre forts de la Chaîne. Aux prémices de la colonisation, la région de Gomen est quasiment inconnue des Européens. La conserverie de Ouaco, qui fournit des viandes de conserve destiné à l’armée, est créée en 1887. 1893 est marquée par deux événements qui vont donner à Gomen une dimension internationale : la mise au point du gomenol (Gomen Oil) et l’installation, par la Société française des télégraphes, du premier câble sous marin à Téoudié entre l’Australie et la Nouvelle-Calédonie. Prévue en 1898 par le programme de colonisation, l’achèvement du centre de Kaala-Gomen est effectif en février 1899. Une nouvelle escale pour le tour de côte est créée. En 1901, le village compte 468habitants. La première commission municipale est constituée en 1904. Face à la crise que connaît l’élevage, on tente de se diversifier dans l’agriculture : café (c’est un échec) et coton (qui subit la crise de 1929). Reste le nickel, avec l’exploitation des mines de Kaala-Karembé et surtout de Ouazangou-Taom.

Entre les deux guerres, la région subit le contrecoup de l’exode rural et l’intense activité de Tiébaghi (les mines précédemment citées sont alors en sommeil). Le principal centre d’activité est situé à Ouaco où, dans les années 1930, le colonel Dix prend la direction de la conserverie. Dès cette époque, Ouaco entretien une piste d’aviation d’où sera effectuée la première liaison aérienne avec l’Australie (1931).Côté religion, il faut attendre le 3 octobre 1942 pour voir l’inauguration de l’église Sainte Thérèse de Gomen. La scolarisation des tribus continue. Dans l’immédiat après guerre, le développement de Koumac et le transfert des services administratifs dans cette commune portent un coup terrible à Kaala-Gomen. Le malaise s’accentue avec la fermeture de l’usine de Ouaco et le départ du colonel Dix, en 1962 ; cependant, la reprise de l’exploitation minière (manganèse et nickel) sur les massifs de Kaala-Karembé et Ouazangou-Taom relance une importante activité de roulage.

Aujourd’hui

Située à 20kms de Koumac et 360 kms de Nouméa, Kaala Gomen est une des communes les plus étendues du territoire avec 71 280 hectares et ses axes d’accès sont désenclavés. Elle compte 2175  habitants et 10 tribus qui travaillent dans les activités minières et dans l’agriculture. Les mines fonctionnent dans de bonnes conditions et sont dirigées par des kanak qui emploient environ 400 personnes. La seconde activité agricole est orientée vers la production céréalière  surtout le maïs. La production d’ananas et d’agrumes est également importante et l’élevage porcin (1500 têtes) et bovin (2500 têtes) sont très bien développés. 22 artisans sont répertoriés à la chambre des métiers et de l’artisanat. Un dispensaire, un médecin, une sage femme, un dentiste, un infirmier, un pharmacien se chargent de l’accès à la santé. La commune est dotée d’un centre de secours secondaire bien équipé. Un bureau de poste et une gendarmerie complètent les structures.

 3 sources d’enseignement cohabitent sur la commune : L’enseignement public, l’alliance scolaire de l’école évangélique et l’école catholique qui interviennent en primaire et  secondaire. Le collège ASEE de Baganda  comporte un internat qui accueille 80 élèves.

La commune possède un terrain de football, un de volleyball. Un centre d’hébergement pour de jeunes footballeurs prometteurs a récemment été ouvert. Le ball-trap et le cricket sont aussi pratiqués à Kaala gomen. La commune compte 36 employés et un nouveau bâtiment communal sera édifié pour remplacer l’ ancien siège municipal incendié en 2009.La commune s’est dotée d’un plan d’urbanisme directeur afin d’organiser les espaces résidentiels commerciaux et industriels

 

Demain

La commune évoluera avec ses industries et son économie. Les mines ont des réserves importantes et la plaine fertile continuera longtemps à fournir bétail, fruits et céréales. Les minéraliers accostent et le tourisme peut être développé grâce à des gites et de l’accueil en tribu. La pêche est également une perspective de développement. Les activités culturelles des tribus continueront à être soutenues.

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Province Nord

PORTRAIT DE MAIRE

MONSIEUR ALAIN LEVANT MAIRE DE KAALA GOOMEN

Monsieur Alain Levant est né le 25 mai 1952 à Koumac. Ses parents vietnamiens  sont des Chang Dang arrivés en Nouvelle Calédonie en 1938. Le père travaillait dans les mines et avant de prendre son travail cuisait le pain pour le magasin que la maman gérait. La famille comptait 14 enfants et Alain était le 7ème . Chacun avait sa tache dans l’entreprise, les plus jeunes remplissaient les lampes à pétrole ou réassortissaient les étagères. Le système familial était matriarcal, c’était la maman qui très discrètement mais très fermement tenait la ligne et exerçait l’autorité sans donner une grande place à la tendresse, restant en permanence dans la retenue. Tous les enfants ont réussi leur carrière professionnelle et Madame Levant jouit toujours de la même autorité à l’âge de 94 ans.

Alain fait ses études à l’école de Gomen, puis au lycée de Nouméa. Il présente le concours interne d’instituteur et enseigne en 1977 à Pum, puis à Voh avant de revenir à Gomen en 1983. Il se décrit comme un hussard de la République, un pur produit de l’école publique.

Alain Levant dont le patronyme a été francisé, s’est marié avec une Calédonienne et a eu 2 enfants un garçon et une fille. Il les a choyés, les a fait sauter sur ses genoux et leur a donné toute la tendresse dont il a été lui-même sevré. Il reproduit d’ailleurs ce schéma avec ses petits enfants qu’il amène et va chercher à l’école chaque jour.

Son fils a fait de brillantes études, DESS puis DEA de santé publique et est diplômé de l’ENSP et c’est le premier calédonien a avoir été admis dans cette prestigieuse école par le concours général. Il est actuellement directeur du CHR de Metz et prépare une thèse de doctorat avant de rentrer au Pays et devrait connaître les joies de la paternité à la fin de l’année.

Sa fille a choisi de rester non loin de son père et travaille dans la maison de retraite de Koumac et est maman de 2 enfants qui fréquentent l’école de leur grand père et auxquels il apprend à lire et à compter.  Leur papa est caldoche descendant d’écossais. Alain Levant doit à ses petits enfants de grands bonheurs.

Il est entré en politique dès 1983 en faisant partie de la garde rapprochée de Jean Marie Tjibaou. Il déclare que ce pays a vocation à être souverain et que les Kanak ont droit à une patrie. Il a milité aux côtés du FNLKS . « Il est haï d’un côté, incompris de l’autre Â»  mais a été réélu 5 fois à la tête de la commune. Il doit  ses réélections successives à sa préoccupation de l’intérêt général. Il a été également conseiller provincial, membre du congrès, président de la commission du travail et de la formation professionnelle du congrès.  Il se sent très fier de participer à ce mouvement inédit qu’est le destin commun. Il dit à ses concitoyens qu’il faut garder beaucoup d’humilité, que la France ce n’est pas si mal, qu’il ne faut pas rejeter tout en bloc. Il a été très heureux que le trésorier-payeur général et que le président de la chambre territoriale des comptes se déplacent à Gomen au titre de leur mission d’information.

La mairie de Gomen a été incendiée en 2008, à la suite des élections et Alain Levant a déclaré : « Ils pensent avoir incendié ce qui représente le pouvoir colonial Â». La mairie sera bientôt reconstruite et il continue à Å“uvrer pour la communauté avec ses 36 employés communaux. Il a pris sa retraite d’instituteur et se consacre à sa mairie, il aime réfléchir,  méditer et se remplir les yeux de ses deux petits enfants. Les journées sont ainsi bien remplies

. Il aime à écouter de la musique classique, avoue une passion pour les chevaux de course mais ce qu’il aime surtout c’est la compétition entre les équidés et se réjouit lorsque les chevaux du Nord battent ceux du Sud. Il est cartésien, il peut croire au big bang mais estime qu’il n’est pas impossible que Dieu existe.

Des faisceaux l’interpellent et il se dit que des milliards de croyants ne peuvent pas être complètement aveuglés. Il n’a pas d’arrogance face à une éventuelle force suprême.

 Il déteste l’alcool mais ne dit pas que ça n’est pas bon. Il n’aime pas manger mais adore les bonbons. Il croit peu mais a collaboré à la construction de l’église. Il adore la lecture, dépense des fortunes en journaux métropolitains, relit en ce moment le verbatim d’Attali, aime viscéralement le papier, le toucher des livres, il relis Anatole France, Racine, Corneille et les petits opuscules qui a lus au lycée. Il essaye de transmettre cet amour des belles lettres à ses petits enfants, il a d’ailleurs obtenu 16/20 en dissertation au bac de français et son professeur lui avait dit « vous avez une écriture agréable Â». La poésie l’attire et il est particulièrement friand des poètes russes.  Il est grand amateur de peinture, surtout d’Art Aborigène et son peintre préféré est Vasarely. Il aime voyager et essaye de faire un grand voyage au moins une fois par an et souhaite comme la maire de Poum aller en Israël, la terre promise et la terre sainte.

 Il est nostalgique du passé, du patrimoine historique français (Versailles)  mais ce qui l’interpelle particulièrement ce sont exemple ces chirurgiens qui refont des visages et font en sorte que des larmes puissent continuer à couler.

Son mot préféré est « NEGOCIER  » au sens d’arranger. Il se dit homme de paix, essaye d’être près des gens, simple, accessible et cependant classique.  Alain Levant l’impénétrable nous a livré quelques uns de ses secrets et a témoigné d’une grande ouverture intellectuelle vers les arts et les gens.

creation : 19/05/2011 16:50

modification : 27/06/2011 10:23