HOUAILOU
La vallée de Houaïlou (en langue locale : Waa Wi Luu [1] ) ainsi que la commune du même nom se trouvent dans la province Nord de la Nouvelle-Calédonie . La commune est située à environ 3 heures de Nouméa sur la côte Est.
LA COMMUNE DE HOUAILOU
Hier
L'un des plus importants missionnaires protestants français, connu notamment pour ses travaux ethnologiques sur les tribus kanak dans la région de Houaïlou , reste le pasteur Maurice Leenhardt , arrivé pour la première fois en Nouvelle-Calédonie en 1902 pour y fonder la mission Do Neva (signifiant le « vrai pays » en langue Ajië ) à Houaïlou , sur la côte est de la Grande Terre , point de départ de l'enseignement primaire et secondaire protestant dès l'année suivante. Maurice Leenhardt décrivit la langue Kanak au début du XXe siècle Aidé de ses catéchumènes kanak, il traduisit la Bible en langue vernaculaire. Que serait il advenu de Houaillou sans l’arrivée du pasteur Leenhard qui y a acheté la ferme Girard en 1903,et qui jusqu’en 1927, immergé dans la culture kanak va en déchiffrer le fonctionnement .Il n’aura de cesse de rendre courage et goût de vivre au monde mélanésien qui semblait voué à disparaître
Aujourd’hui
La vallée de Houaïlou (en langue locale : Waa Wi Luu [1] ) ainsi que la commune du même nom se trouvent dans la province Nord de la Nouvelle-Calédonie . La commune est située à environ 3 heures de Nouméa sur la côte Est. Pour y accéder, il est possible de passer par le col des Roussettes, une route très sinueuse qui relie Bourail à Houaïlou, de passer par Kouaoua et donc d'arriver par Poro ou encore de passer par Ponérihouen au nord. La vallée de Houaïlou a été, longtemps avant la construction de la route transversale Koné -Tiwaka , l'unique voie de passage pour se rendre de la côte est à la côte ouest par le col des Roussettes. La commune fait partie de l'aire coutumière Ajië-Aro . Elle se subdivise en cinq districts coutumiers composés de 33 tribus. Les tribus se répartissent le long de la vallée ou sur le littoral, autour du village éponyme, centre administratif de la commune. La langue kanak parlée à Houaïlou est l'ajië . À Houaïlou, on compte quatre supérettes , une pharmacie, une boulangerie et un dispensaire ( avec infirmiers, médecins, dentiste ) un médecin libéral et une kinésithérapeute . On trouve aussi une brigade de gendarmerie composée de 6 sous-officiers. Au milieu du village, s'élève comme dans toutes les communes de Nouvelle-Calédonie un monument aux morts dédié aux combattants des deux grandes guerres. Plusieurs établissements scolaires sont présents, dont le collège et lycée agricole de Do Neva, collège de Wani, l'école catholique de Nindhia, ainsi que plusieurs écoles de proximités en tribu. Les écoles catholique, protestante et publique se côtoient depuis toujours avec 1600 élèves environ. La commune est mieux dotée que ses voisines de la côte Est. Un bâtiment de l’école de Do Néva, qui a formé une partie de l’élite de la Nouvelle Calédonie est classé monument historique. L’établissement comprend aujourd’hui une école primaire, un collège et un lycée agricole. Peu de structures sont mises en place pour occuper les jeunes, il y a l’école de musique, quelques équipements sportifs avec une équipe de foot salle qui tourne bien.
Il existe aussi de magnifiques sites à Houaïlou tant au bord de mer que dans les vallées et une diversité de paysages, du paysage minier en passant par la forêt humide. Comparée aux communes voisines, Houaïlou a pris un peu de retard en matière de tourisme. À la tribu de Ba (à l'extrémité nord ouest de la commune) se trouve une cascade, idéale pour la baignade mais le site n’est pas mis en valeur. La municipalité affiche tout de même sa volonté d’accueillir des visiteurs, et un Point informations a même été créé. Du point de vue de l’hébergement, il existe un seul camping ; c’est celui de Kaora situés au bord de mer. Plusieurs accueils en tribus et tables d’hôtes sont proposés lors de grandes manifestations communales.
La commune est réputée pour ses litchis avec selon les années une production moyenne de dix tonnes. On retrouve également des petites cultures vivrières, mais leur commercialisation va rarement au-delà de la commune. L’Ogaf ( Organisation groupée d’aménagement foncier ) de Houaïlou joue d’ailleurs un rôle prépondérant dans le développement agricole de la commune, en mettant en place des animations et en organisant des projets avec les promoteurs agricoles, touristiques, mais aussi les pêcheurs et les artisans. Elle possède un pôle commercial qui se charge de la collecte auprès de producteurs, et de la vente sur les marchés locaux et dans les écoles. Le barrage de la Néaoua, perchée dans la chaîne de montagnes, produit de l'électricité et alimente la côte Est de Thio à Hienghène. Plusieurs exploitants miniers travaillent sur les mines de la commune, dont le groupe Ballande, la SMSP et MAI .Ces sociétés ont connu un début d’année 2009 difficile en raison de la chute des cours du nickel et de l’arrêt des usines australiennes du groupe BHP-BILLITON, principal débouché des latérites de la côte Est. L’activité minière de Houaïlou est marquée par la présence du CFTMC, le Centre de formation aux techniques de la mine et des carrières, installé à Poro. Des associations œuvrant pour la protection de l’environnement dans la commune joue un rôle moteur. Elles sont partenaires avec les écoles et l’Institution pour l’organisation de la journée de l’environnement. L’objectif de ce grand rendez-vous est de réunir les écoles, la mairie, les coutumiers et l’ensemble des habitants pour les sensibiliser à la préservation de la nature.
Demain
L’ambition de la commune est de continuer à développer ses infrastructures d’AEP et de réseaux routiers .En projet la construction d’une salle omnisports. Prochainement une cyber base va être ouverte accessible à tous les jeunes de la commune qui souffrent de désœuvrement. La commune s’implique à mobiliser femmes et jeunes autours de projets communs innovants. Les paysages à couper le souffle sont le patrimoine que cette commune ne manquera pas d’exploiter en développant le tourisme.
PORTRAIT DE VALENTINE EURISOUKE, MAIRE DE HOUAÏLOU
Valentine EURISOUKE est née le 23 juillet 1961 dans la tribu de Kaora à Houaïlou dans une famille de quatre enfants. Son papa travaillait pour la SLN à Poro et sa maman s’occupait de la famille qui vivait en tribu et pratiquait quelques cultures vivrières qu’elle vendait au marché. Son père, retraité de la SLN, avait été conseiller municipal. Il est décédé à l’âge de 60 ans. Valentine fréquente l’école primaire publique à Houaïlou puis intègre le collège de Poindimié en tant qu’interne, ce qu’elle appréciait particulièrement ( car mieux accompagné dans la scolarité Elle rentrait chez elle le week-end. Pour son second cycle secondaire, elle est scolarisée au lycée Do Kamo mais arrête son cursus en classe de première pour des raisons familiales.
Elle rentre alors dans la vie active avec une première expérience de gestionnaire-caissière à la coopérative de la tribu. Elle suit ensuite une formation pour être formatrice des maisons familiales et rurales pendant un an dispensé par le comité territorial des Maisons Familiales et rural en NC.
Pendant trois ans, elle tourne alternativement dans les maisons familiales de Canala et Poindimié puis passe deux ans au centre de formation et d’appui au développement de Ponérihouen où elle formait les porteurs de projets qui souhaitaient une aide pour développer leurs activités (conduite technique de projet ), En 1993, elle fait partie de la promotion 400 Cadres et part se former en métropole obtenant un BTS ACSE (analyse de conduite des systèmes d’exploitation). Elle séjourne alors d’abord 1 an à St Palais au Pays-Basque puis 1 an à Pau. Son compagnon l’a accompagnée et a suivi des études à l’université de Pau. Elle a partagé cette aventure avec André GOPEA, le maire de Ponérihouen, qui a fait partie de la même promotion 400 Cadres.
Valentine a adoré son expérience basquaise. Elle revient au pays dans un premier temps reprend la gestion de la NEPIA puis rentre à la mairie de Houaïlou en 1997 comme agent de développement.En 2001elle réponds à un appel à condidature pour un poste de chargé de Missions à la Mission de la femme en Province Nord et en 2003, elle travaille à la DDE de Houaïlou.
En 2004, la loi sur la parité lui a permis de prendre des responsabilités politiques et est élu comme conseillère provinciale.En 2008 enfin, cette femme de terrain est élue premier magistrat de la commune de Houaïlou.
Valentine a eu deux enfants. Son compagnon qui est directeur d’école à Houaïlou l’a toujours soutenue dans ses nouvelles responsabilités. Son fils aîné a 29 ans et travaille à la mine BALLANDE comme soudeur, il a lui-même trois enfants de 5, 3 et 1 ans.
Elle a une fille qui est en troisième au collège et qu’il faut motiver dans les études. Le travail aux champs est une des passions de Valentine ; ce qui lui permet de dépenser son énergie et d’évacuer son stress. Pas trop passionnée par la lecture ; elle aime par contre la musique rythmée, le kanéka, la musique tahitienne, créole, espagnole et la flûte de pan.Elle aime les plats traditionnels et se souvient du bon vin Iroulegui et des fêtes de Bayonne.
Elle est présidente du GIE Tourisme Nord , ce qui lui a permis de participer aux salons du tourisme à Paris. Etant au conseil d’administration de la SMSP, elle a fait partie de la délégation qui s’est rendue en Corée pour visiter l’usine métallurgique.
Jeune, elle pratiquait le sport et a obtenu de bons résultats puisqu’elle a même participé à des compétitions en Nlle-Zélande, elle a pratiqué le cricket et le football et aujourd’hui, essaie difficilement de trouver un peu le temps pour la marche. Quand elle était jeune, elle voulait devenir hôtesse de l’air. Elle dit que le voyage est un bon moyen de formation pour s’enrichir et a tiré de gros profits de sa formidable expérience au Pays-Basque.
Elle a construit sa carrière par le travail, n’hésitant pas à se former sur le tas, comme en informatique.
Elle est croyante, de confession protestante, elle aime la chorale, les cantiques et est assez impressionnée par LEENHART, anthropologue, qui a écrit de nombreux livres sur le peuple de Houaïlou.
Son mot préféré est « PASSION » « il faut se passionner pour son travail et pour son pays».
Valentine EURISOUKE dégage une impression de sérénité, d’aménité, de bonté, qui cache une volonté farouche de réussir pour sa commune et pour les siens…
creation : 19/05/2011 16:32
modification : 27/06/2011 07:28
