BELEP
Ces petites îles ont une histoire ancienne et mouvementée, dont les missionnaires Maristes ont cernée les contours. Le père Lambert en 1856, eut le privilège de découvrir une culture intacte à travers les traditions orales ;
LA COMMUNE DE BELEP
Hier :
Ces petites îles ont une histoire ancienne et mouvementée, dont les missionnaires Maristes ont cernée les contours. Le père Lambert en 1856, eut le privilège de découvrir une culture intacte à travers les traditions orales ; le père Dubois, ethnologue et linguiste contemporain, a approfondi la connaissance de ces terres isolées, en les replaçant dans leur contexte océanien. Selon ce dernier, une migration partie des Samoa vers l’an mille se serait répandue vers l’ouest, via Beautemps-Beaupré, Mouli et Hienghène. Les généalogies remontent au XVI siècle, époque à laquelle Te Belep, originaire de Gomen, vint s’installer dans l’île Baaba, puis à Tiabet près de Poum, et débarqua enfin dans la baie de Païromé, au sud d’Art, où il développe un réseau d’alliances et étendit son autorité sur Pott. Béléma du nord et Nénéma du sud s’opposèrent sans cesse aux tribus continentales d’Arama et de Koumac. Du foisonnement des chronologies émerge le souvenir de contacts répétés avec des navigateurs venus des autres archipels océaniens – Tonga, Loyauté, Vanuatu, Ile des Pins, Wallis- et de relations suivies avec les clans de Koné, Hienghène, Balade, comme l’atteste le champ de diffusion du masque, maître du pays des morts . Car les Belep sont entourées d’un domaine sous-marin, dont les insulaires savent les lieux et les chemins. Ces fonds parsemés de coraux sacrés étaient, d’après les légendes, le séjour des morts. A l’extrémité de Pott, un génie attendait le passage des âmes et les tourmentait avant de les laisser pénétrer dans le paradis aquatique de Tsiabiloum, où elles passaient la nuit dans les plaisirs et les jeux, pour s’envoler de jour vers leur tribu terrestre. L’arrivée des religieux à Art, en 1856, fut un évènement pour les Béléma, qui ne connaissaient de l’Occident que des voiles au large. Le père Lambert rassembla à Wala les 687 personnes recensées par ses soins et, en même temps qu’il prêchait l’Evangile, recueillit une abondante documentation orale. Des exilés de la révolte de 1878 reçurent asile ici et, parmi eux, la veuve et le fils d’ Ataï. Puis Art fut en 1892 transformée en léproserie, en un temps où la maladie de Hansen était inguérissable, et ses habitants transférés pendant six ans sur la Grande Terre. Avant la Seconde Guerre mondiale, les Belep furent classées en « réserve indigène »
La commune de Bélep a été créée en 1961 et le 1er maire en a été Mickael Bouedaou (1961-1972) qui est le grand père de l’actuel maire, le second Edouard Wahoulo (1972-1983), le 3ème Eymard Bouanaoué (1983-3-2001), puis Jean Baptiste Moilou a été maire de 2001 à 2008 avant de céder son mandat à Albert Wahoulo .
Les îles Bélep constituent, à la fois un petit archipel de la province Nord en Nouvelle-Calédonie et une commune française. Cet archipel se situe au nord-ouest du territoire, composé pour l'essentiel de la grande île Art dont le chef-lieu est Waala, de la petite île Pott voisine, de l'île Dau Ac , et des îlots rocheux Daos nord et sud; seule Art est habitée (dans sa quasi totalité, soit 99,3 % de sa population) par des Kanak , répartis en six tribus.
Aujourd’hui :
Les îles Bélep constituent, à la fois un petit archipel de la province Nord en Nouvelle-Calédonie et une commune française. Cet archipel se situe au nord-ouest du territoire, composé pour l'essentiel de la grande île Art dont le chef-lieu est Waala, de la petite île Pott voisine, de l'île Dau Ac , et des îlots rocheux Daos nord et sud; seule Art est habitée (dans sa quasi totalité, soit 99,3 % de sa population) par des Kanak , répartis en six tribus. Dans les lagons poissonneux, la pêche est l’activité principale. En fin d’année les gens de Belep se rendent aux ïles Surprise pour ramasser des tortues vertes qu’ils conservent vivantes. La commune compte une école maternelle et primaire, une église, un dispensaire, un aérodrome, 3 magasins et a 2 liaisons par semaine par bateau avec la grande terre. Les tribus sont électrifiées et la ressource en eau est accessible par captage et il y a parfois des restrictions en saison sèche. Il y a une table d’hôtes. La Mairie est le plus gros employeur de la commune avec 17 agents. Une visite rapide permet de faire le tour de Wala, où les cases disséminées dans la verdure réunissent la presque totalité des 1000 habitants ; de contempler de la hauteur où se trouve l’église blanche, le magnifique panorama de la baie et le phare ; et si l’occasion se présente, de filmer les danses rythmées au sifflet. La route de l’aéroport, qui se prolonge en piste montueuse, conduit au sud à la baie de Païrmé, d’où on aperçoit les îles Daos. De très beaux fonds coralliens sont aussi le « paradis » des quelques plongeurs parvenus jusqu’ici. Ce pays confins, enveloppé d’une aura de légendes, n’a pas d’équipements touristiques mais ne manque pas d’eau ; les femmes ont pris très heureusement l’initiative d’ouvrir un restaurant pour les passagers qui peuvent, grâce à l’avion, passer quelques heures à Art.
Demain :
Le maire entend bien redynamiser le secteur pêche et voudrait lancer la pêche de la coquille Saint Jacques et pour ce faire il s’est rendu en Australie à Clayston. Le tourisme serait une autre ambition de Bélep qui a conservé une authenticité et une biodiversité intactes.
PORTRAIT DE MAIRE
MONSIEUR ALBERT WAHOULO – MAIRE DE BELEP
Monsieur Albert Wahoulo est né à Bélep le 17 février 1958 dans la tribu de Sainte-Marie.
Il a fait ses études primaires à Bélep et a été adopté par un membre du clan de la chefferie.
A 11 ans, il est venu à Nouville, qui était encore une île à l’époque et a poursuivi sa scolarité, allant ensuite dans un collège d’enseignement technique jusqu’en 3ème .
Dans sa famille adoptive, il était enfant unique, son papa et sa maman travaillaient à la radio Etat. Jusqu’à aujourd’hui, sa maman « est toujours à ses trousses ».
En 1977, il passe des tests à la pointe Chaleix et avec un de ses amis Toulonnais, Eric Foulon, s’engage dans la marine. Il fait ses classes à Cherbourg puis s’embarque sur le Foch à Toulon. Il a navigué en Méditerranée mais peu sur le porte-avion, celui-ci ayant été immobilisé pour des problèmes de turbine. Il a été considérablement marqué par un accident d’avion auquel il a assisté en direct, suite à un atterrissage raté. Cette expérience dans la marine, lui a donné le goût des voyages et des rencontres. Un de ses oncles footballeur qui faisait carrière à Ajaccio et Bastia l’a alors accompagné lors d’un périple au travers la France.
En 1979 le mal du pays le saisit, aussi il rentre en Nouvelle-Calédonie et travaille sur les chantiers Fadil où il fabrique des coques de bateaux.
Il retourne à Bélep en 1983 au décès de son père biologique et il n’en est pas reparti depuis. En 1985, il rentre à la mairie comme employé et gravira tous les échelons pour devenir secrétaire général. En 1991, dans le cadre de la promotion 400 cadres, il part à Besançon faire sa formation théorique et effectue son stage pratique aux Ulis dans l’Essonne dont Monsieur Paul Loridon est maire et sénateur. Ce même sénateur l’invite à déjeuner au Sénat et il en conserve un souvenir impérissable.
En 2001, une nouvelle équipe municipale s’installe et il décide alors de faire une mobilité et devient co-gérant de la Sarl Sodébel.
En 2004, le grand chef lui propose lors d’un deuil de représenter la chefferie au Sénat coutumier. Il est désigné à l’unanimité pour être le représentant de l’aire Hoot Ma waap pour 5 ans de mandature (2005-2010). Il a été président du Sénat coutumier de 2007 – 2008. En 2008, la population de Bélep lui demande de revenir à la mairie, en tant qu’élu cette fois ci. Son grand-père a été le premier maire de Bélep à la création de la mairie en 1961 (Mickael Wahoulo). Il estime que son mandat au Sénat coutumier a été très positif pour la commune de Bélep.
Il est marié, son épouse est éducatrice à l’internat du collège de Poum et ils ont 3 enfants.
Son fils aîné a 14 ans et est scolarisé au collège de Poum. Il réussit bien en classe, se révèle également un excellent footballeur et aimerait bien intégrer un cursus de sport-études. Le second est en CM2 à Bélep et la petite dernière est auprès de sa maman à Poum. Il dialogue beaucoup avec ses enfants.
Il est fana de plongée sous-marine et quand il est sur Bélep, il s’efforce de plonger chaque jour et effectue de bonnes prouesses en apnée.
Il est catholique pratiquant, il aime beaucoup lire. En ce moment, il lit le journal de Jean Gilibert « missionnaire mariste chez les kanak » et « quelle démocratie pour un débat ». Bélep dispose d’une bibliothèque scolaire, il a fait installer internet à la mairie en consultation gratuite afin que les NTIC soient accessibles à tous.
Son pêché mignon est la gourmandise et il est bien servi par une épouse et une maman très bonnes cuisinières.
Il a beaucoup voyagé en France, Brésil, Australie, Suisse et Samoas. Lors d’un voyage au Brésil il a eu l’occasion de voyager dans le jet privé de M. AGNELLI, suite à un blocage à l’aéroport de Buenos Aires.
Il est fan de guitare sèche, adore la musique Kanéka, zouk, reggae, country. Son chanteur préféré est Francis Cabrel. Il aime beaucoup les chats.
Son rêve était d’égaler son grand-père qui s’est beaucoup investi pour la commune et pour les gens.
Il veut développer la coquille Saint-Jacques à Bélep et redynamiser le réseau de la pêche.
Il est un homme heureux et déclare formidable de voir les deux drapeaux flotter ensemble dans le partage et le vivre en commun. Le 17 juillet a été un grand moment d’émotion.
Son mot préféré est RESPECT et c’est aussi sa doctrine. La situation géographique de Bélep n’a en rien altéré la capacité de proximité développée par M. Wahoulo, qui sillonne le pays pour défendre et représenter son bel archipel.
creation : 19/05/2011 10:26
modification : 27/06/2011 10:13
